LA MANUFACTURE
Niche. est née à Paris. L'exigence qui la caractérise l'a conduite à répartir sa production entre trois territoires : le Japon, l'Italie et le Portugal.
Choisir de tisser son denim sur une navette de l'après-guerre au Japon, de confier ses coutures sportswear ou le travail du cuir à un maestro italien, et de teindre son jersey dans les cuves d'une filature du Norte portugais, c'est faire de la géographie une éthique.
I — Japon · Okayama & Tokyo
Du fil au vêtement : deux villes, une exigenceDans les années 1850, le denim de Nîmes traverse l'Atlantique, habille les mineurs de Californie, devient le tissu de la démocratie industrielle. Il connaît un grand succès puis décline, avalé par la production de masse. La lisière, ou selvedge, disparaît. Le denim perd son âme sans s'en apercevoir.
Ce que l'Amérique oublie, le Japon le recueille. Dans les années 1960 et 1970, des passionnés d'Osaka et d'Okayama commencent à acquérir les vieilles navettes déclassées par les manufactures américaines. Ces hommes ne copient pas le denim américain. Ils le ressuscitent, puis ils le dépassent.
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« Les Japonais n'ont pas imité le denim américain. Ils l'ont archivé, étudié, puis réinventé avec la rigueur de ceux qui comprennent que le passé est une technique »
II — Italie
La grâce de la coupe sportiveSi le Japon est le gardien du denim, l'Italie est la gardienne du corps. Nulle part ailleurs l'industrie du vêtement n'a développé une telle acuité dans la lecture des volumes.
Les manufactures italiennes ont compris, bien avant les maisons de luxe parisiennes, que le sportswear n'est pas l'ennemi du raffinement — il en est, à certaines conditions, la forme la plus accomplie.
« En Italie, le mot « qualità » n'est pas un argument marketing. C'est une menace. Si tu ne la livres pas, tout le monde le sait avant le soir »
III — Portugal · Norte
La révélation silencieuse de l'EuropeLe Portugal est depuis plusieurs décennies un pays façonnier discret, au point que les maisons qui y produisaient dans les années 1990 préféraient ne pas le mentionner. Aujourd'hui, le Portugal est devenu une référence revendiquée.
Les usines portugaises modernes présentent une caractéristique singulière : elles intègrent souvent la totalité de la chaîne, du fil à la pièce finie. Filatures, tricotage, teinture en pièce, finissage, confection ; tout coexiste. Cette verticalité, rare en Europe, permet un contrôle de la matière à chaque étape.
« Le Portugal a fait ce que peu de pays ont réussi : devenir indispensable sans jamais faire de bruit »
Ce que Niche. est allée chercher au Portugal, c'est cette douceur de main spécifique, ce toucher de jersey légèrement dense, ni trop élastique ni trop rigide, qui tombe sur l'épaule avec la souplesse d'un vêtement qui a déjà été porté cent fois dès le premier jour.